C.A : Salut , tout d'abord si tu devais te presenter en quelques lignes que dirais tu ?
Philippe, 21 ans, étudiant, mais plus pour longtemps...J'ai commencé le théâtre à 8 ans à peu près mais je m'y suis mis vraiment à partir du lycée. J'ai jamais suivi de cours « sérieux », je me suis contenté d'ateliers amateurs parce que pour moi, c'est juste un hobby. L'année dernière, j'ai profité d'un voyage de quelques mois à Montréal pour tester l'improvisation (bien plus répandue que le théâtre au Québec) et le cinéma. Mine de rien, ce sont toutes des façons de jouer très différentes!
C.A : Comment es tu entré dans le monde du cinéma , un réel désir ou plutot une opportunité que tu as saisi ?
Le monde du cinéma! Qu'est-ce que ca fait pompeux!
En fait, je suis arrivé dedans totalement par hasard! Arrivé à Montréal, je cherchais désespérement une compagnie pour faire du théâtre (d'ailleurs, je n'ai pas trouvé). Je suis alors tombé sur une petite annonce où on cherchait des acteurs pour un court-métrage (Trou Noir), j'ai répondu, et c'était parti...
C.A : Après avoir joué dans une comédie (Crovle) et une tragédie (Trou noir) , penses-tu te tourner vers un autre genre ? Ou as tu trouvé ton élément ?
J'ai pas de « style » favori. Je joue ce que je trouve, en fait. C'est ça qui est drôle! Dans ces deux courts-métrages, je joue respectivement un type un peu allumé et niais et un junkie suicidaire; mais j'ai aussi joué sur scène un quadra dépressif, un journaliste aux méthodes gestapistes, un bourreau, un vieillard esclave romain, j'en oublie, sans compter que l'impro, c'est de l'invention perpétuelle de personnages...
L'inconvénient, quand tu fais tout le temps des rôles de composition, c'est qu'il y en a que tu joues plutôt mal, c'est le cas de P.P. dans Crovle par exemple. Mais ca fait partie du jeu...
C.A : Quelles sont selon toi tes points forts et tes points faibles en tant qu'acteur ?
J'ai deux gros points faibles : le premier, c'est une tendance manifeste à surjouer. A l'impro, c'est pas grave, et au théâtre ca peut passer, ça dépend du rôle. Mais au cinéma, c'est flagrant, et c'est très handicapant. Le second, c'est un côté laborieux : j'ai besoin de beaucoup répéter pour jouer juste. Là encore, c'est pas grave pour le théâtre, mais pas idéal pour le ciné.
Côté points forts, je pense être capable de jouer à peu près tout si on me laisse le temps d'y travailler! Sinon, avec le temps, t'acquiers quand même un peu d'expérience et des petites techniques qui te permettent de sauver les meubles même quand t'es pas dedans.
C.A : As tu déjà pensé à faire de la figuration ou jouer un petit rôle dans un film professionnel , ou le cinéma est juste un loisirs que tu fais pour le fun ?
J'ai déjà pensé faire de la figuration ou un petit rôle dans un film pro, mais c'était pour me faire de l'argent, pas pour la beauté de l'art! Finalement, j'ai trouvé d'autres sources de revenus plus fiables. Je te vois venir : non, je ne vends pas mon corps au Bois de Boulogne.
Pour moi, jouer, c'est clairement pour le fun. Après, si demain, un producteur vient me voir avec un contrat intéressant, je réfléchirais à signer...Mais ca risque pas d'arriver!
C.A : Quels sont tes projets ?
Là, je tourne dans le prochain court-métrage du réalisateur de Crovle. Je fais juste un tout petit rôle pour dépanner. Après, comme je pars en stage à Paris, je vais « retrouver » la réalisatrice de Trou Noir, qui a monté avec son copain sa boîte de prod, Rygel Films. J'espère tourner avec elle de temps à autres! Sinon, ce sera comme depuis toujours : je ferais d'abord du théâtre à mes heures perdues, et on verra ce qui se présente.
C.A : Quand vas-tu arrêter de surjouer ?
Le 18 février 2012 à 19h GMT.
C.A : Un petit mot pour les visiteurs du blog (en fait juste moi) ?
Caribou.
